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« Ce pays où tous les présidents sont hués à l’étranger par leurs compatriotes… »

« Ce pays où tous les présidents sont hués à l’étranger par leurs compatriotes… »

Pourquoi, nous Africains, aimons-nous nous infantiliser face au monde ? Élire des Présidents et leur faire subir la honte en dehors du pays, face aux caméras du monde entier pour prétendument alerter sur des dérives autochtones. Les mêmes activistes qui prétendent vouloir affirmer la souveraineté que pays, sont ceux qui comptent sur le regard compatissant des Occidentaux pour régler nos problèmes politiques.

Demain, ce sont ces mêmes personnes qui, avec un nouveau pouvoir, iront directement s’inféoder aux puissances occidentales comme pour payer une dette morale.

Entre 1998 et 1999 Diouf a été plusieurs fois hués à l’étranger comme le montre cette séquence en France. Wade, les partis de gauche et leurs militants ont fait ça à Diouf. En 2011 et 2012 ce fut autour de Wade de subir le même supplice à l’étranger. Macky, Niass, Tanor et Idrissa Seck tiraient les ficelles.

Aujourd’hui, c’est autour de Macky de boire le calice des huées jusqu’à la lie. C’est Quoi cet enfantillage collectif ? Nos présidents sont hués, nous sommes tous hués ou auteurs de huées parce que nous sommes dans une démocratie sans de vrais démocrates.

De retour de France où il a été copieusement hué, Abdou Diouf déclara qu’il ne pouvait pas s’imaginer susciter autant de haine parmi ses adversaires. Je pense qu’il a lâché le mot : la haine. La politique au Sénégal se résume à ce mot, a ce funeste sentiment qui inhibe et aveugle les esprits. On ne pose jamais les vrais problèmes. On n’entendra jamais quelqu’un dire « si je n’atteins pas cet objectif, je démissionne ». Pour le pouvoir, nous prêts à tuer. C’est notre culture, c’est notre âme, c’est dans notre ADN sociologique. Lutte acharnée pour l’imamat dans les mosquées, guerre de tranchées pour être nommé chef de quartier, recours à la sorcellerie pour écarter un collègue de travail, médisance infamante pour ternir l’image d’un concurrent à un poste, mandarinat auprès des autorités pour avoir ce qu’on ne mérite pas…

Ce cirque cyclique à l’étranger montre tout bonnement notre refus de la maturité ; c’est la preuve que qualitativement nous n’avançons pas, que nous sommes dans un cercle vicieux fait des mêmes lamentations, des mêmes tares, et avec quasiment les mêmes acteurs.

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* Par Alassane K. KITANE

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