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En Amérique latine, les femmes gouvernent!

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L’élection récente de l’ex maire de Mexico City, Claudia Sheinbaum à la présidence de la république vient s’ajouter à la liste, déjà impressionnante, de femmes présidentes dans un pays d’Amérique latine. Ceci est d’autant plus encourageant pour les femmes mexicaines car le Mexique est au premier rang des pays les plus dangereux pour les femmes. Selon l’agence des nations unis pour les femmes, au moins 8 femmes y sont tuées tous les jours.

En 1974 déjà Isabel Perón accéda à la fonction présidentielle en Argentine, une première dans l’histoire contemporaine. Elle a été élue, au paravant, vice présidente du pays en tandem avec son époux Juan Perón. Sa présidence aura été marquée par une situation politique et économique désastreuses. Elle finira par être renversée par la junte militaire en 1976.

En Bolivie, Lydia Gueiler fut investie présidente en 1979. Elle ne resta pas longtemps présidente car renversée à son tour par un coup d’Etat militaire en 1980.

Une autre femme accéda à la haute fonction présidentielle au Nicaragua en 1990. Violeta Chamorro acheva son mandat en 1997. Durant sa présidence elle s’est exclusivement consacrée à la démilitarisation des institutions politiques de son pays.

En Équateur, 1997, Rosalia Arteaga ne resta que 6 jours à la présidence. Forcée de céder sa place sous la pression de l’armée, elle resta vice présidente jusqu’en 1998.

Mireya Moscoso remporte démocratiquement les élections générales de 1999 au Panama. Elle se consacra, durant sa présidence, à la réduction de la pauvreté et à l’éducation des filles et des femmes. Elle est surtout connue pour avoir réussi la rétrocession au Panama de la souveraineté sur le canal de Suez.

Le Chili, prenant exemple sur ses voisins, élit, dans la liesse populaire Michelle Bachelot en 2006. Elle sera de nouveau plébiscitée en 2014 après avoir occupé de hautes fonctions onusiennes. Entre 2006 et 2007, elle était sur la liste des personnalités féminines les plus influentes au monde.

L’Argentine renouera avec la gouvernance féminine avec l’élection de Cristina Kirchner en 2007 à la tête du pays. Elle sera reconduite à son poste en 2011.
Après ses deux mandats, elle est élu vice présidente jusqu’en 2023.

Au Brésil également en 2011, Dilma Rousseff accède à la magistrature suprême après avoir été plusieurs fois ministre durant la présidence de Lula. Elle sera réélue en 2014. Elle ne terminera cependant pas son deuxième mandat, elle fut destituée, après une procédure controversée, en août 2016.

Ce n’est pas fortuite si les femmes accèdent plus fréquemment à la présidence dans les pays latinos américains. Pionnières dans les luttes de résistances et d’indépendances, les femmes latino-américaines ont souvent été cibles de discrimination et ceci jusqu’à maintenant. C’est pour faire face aux injustices dont elles ont été si souvent victimes qu’un nombre conséquent d’entre elles ont revendiqué un engagement socio-politique.
Engagement prématuré qui leur donne une large expérience politique et les favorise à endosser de hautes responsabilités.

La première leçon vaut pour l’histoire: toutes ces femmes sont issues de partis de gauche qui se sont toujours employés à lutter contre la pauvreté et les inégalités. L’accession de ces femmes montre que le socialisme a bien résisté en Amérique latine malgré les interventions militaires à répétition dans des sociétés éminemment patriarcales.

La seconde leçon vaut pour les femmes: L’Amérique latine est un exemple du leadership féminin et nous montre, qu’en tant que femmes, nous aurons le rôle que l’on voudra bien se donner dans la société.

Penda DIENG,
Politiste

 

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